Perpétuel (re)commencement

Perpétuel (re)commencement
C'est bien connu : le plus dur, c'est de « débuter ». C'est, en effet, au moment même où l'on se décide à agir qu'on se rend compte qu'on est incapable d'esquisser le moindre geste. On croyait savoir quoi dire, et finalement on ne sait plus. On pensait que ça serait facile, et en définitive on regarde son écran avec un air ahuri, légèrement décontenancé. C'est classique : on s'est encore fait avoir : on n'a rien à dire - ou si peu.

Tout commencement digne de ce nom, commence ainsi : une page blanche qui nous nargue, des idées qui s'entrechoquent, des mots qui ne veulent pas sortir. Quelques minutes de flottement, voire quelques heures. Et puis on se lance, parce qu'il le faut bien.

On hésite, on tâtonne, on écrit quelques mots. Et puis, on se laisse embarquer : la machine est lancée. On a réussi notre pari. Fier d'avoir su commencer et même finir d'écrire, on se relit. Et c'est là qu'on se rend compte qu'on n'a rien dit ce qu'on aurait voulu dire. C'est là toute l'ironie du sort. – Tant pis, on recommencera plus tard -. On est voués à être insatisfaits. Et c'est tant mieux.

Quel intérêt y aurait-il à écrire encore, si en fin de lecture, tout était dit ?

# Posted on Monday, 24 March 2008 at 12:37 PM